Porter l’uniforme ou prendre la parole – c’est la même responsabilité - avec Noémie Roten

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Matthieu: Explique nous qui tu es, d'où tu viens, ce que tu fais dans la vie.

Noémie: Je suis Noémie, Noémie Roten. D'origine, je viens de Savièse, dans le canton du Valais. Mais j'ai grandi la majeure partie de ma jeunesse à Genève. Et maintenant, ça fait depuis une quinzaine d'années que je suis plutôt en Suisse alémanique. D'abord à Rorschach, Saint-Gall, Zurich, ensuite Soleure. Maintenant, je me rapproche gentiment de la Suisse romande à Yverdon-les-Bains. De formation, je suis économiste, mais j'ai aussi fait beaucoup de communication, j'ai été journaliste, j'ai été chercheuse en matière d'assurance sociale, et maintenant je suis la directrice de l'Association pour la promotion de l'engagement de milice et cheffe de campagne d'une initiative pour un service citoyen, une thématique qui me tient à cœur depuis des années, et c'est pourquoi je m'engage maintenant pleinement avec tout mon temps pour cette initiative.

Matthieu: Quelle forme de service de milice as-tu fait et quelles étaient tes raisons ?

Noémie: Alors moi j'ai fait l'école de recrues en 2008, j'étais chez les chauffeurs poids lourds, c'était à Drognens à l'époque, j'ai fini mes jours, j'ai fait tous mes cours répète, je suis restée soldate ou soldat, je sais pas comment on dit, mais je suis aussi encore juge militaire, juge dans les tribunaux militaires. Oui donc j'ai choisi l'armée à l'époque pour voir cette... Si les hommes doivent le faire, pourquoi pas moi ? Beaucoup de discussions dans ma famille, avec mes amis, autour d'une table, autour de bar. La thématique de la sécurité, la thématique de l'armée, la thématique de l'engagement est une thématique qui revient toujours autour des tables. Et moi, je me suis dit si j'ai envie de pouvoir en parler, si j'ai envie de pouvoir avoir un avis sur la question, d'être compétente en la matière et puis surtout qu'on prenne au sérieux, je dois absolument connaître cette institution de l'intérieur. Pas que j'étais emballée à l'idée de me lever à 5 heures du matin, parce que je suis pas du tout une lève-tôt Et puis de ne quasiment jamais avoir de week-end ou de temps, de me retrouver dans une compagnie qu'avec des hommes, je me devais presque de faire cette expérience et puis de voir comment ça se passe. Et peut-être le dernier point, j'avais fini ma matu à l'époque, je voulais faire une année sabbatique entre les deux, je voulais faire d'autres choses, je voulais voir d'autres choses, je voulais faire d'autres expériences, rencontrer d'autres personnes. Puis je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose que je ferai jamais dans ma vie, à savoir aller conduire des camions à l'armée. Donc voilà, je me suis engagée à l'armée et puis je ne regrette pas de l'avoir fait.

Matthieu: ... Alors qu'est-ce qui t'a apporté ce service ? Toi personnellement et qu'en fait personnellement.

Noémie: Je veux que je rajoute encore une raison avant ou pas. Ah oui !

Matthieu: Oui, oui, mais faut qu'il m'explique,

Noémie: Un

Matthieu: lui raconter là je fais un pourquoi les poids lourds

Noémie: Pourquoi les poids lourds ? Justement parce que moi je me suis dit à l'époque, je vais faire une carrière plutôt académique, on va dire, et puis je vais me retrouver toute ma vie jusqu'à ma retraite, peut-être même à septante ou quatre-vingts ans, derrière un bureau, derrière un écran d'ordinateur. Donc je voulais plutôt faire quelque chose dehors, faire quelque chose qui m'apporte quelque chose, d'autres. Et à l'époque d'ailleurs, j'adorais, j'aime encore conduire, j'ai fait le permis de... Je recommence. Pourquoi les poids lourds ? que... Je vais vous la reposer. Moteur, moto, c'est le permis... Permis moto ? Ouais, moi j'ai un permis moto. Le permis moto ?

Matthieu: On est à parlement ? Non, est à parlement toi. Mais mon nez, je crois qu'eux ils touchent un peu le col. Faut le lef pour qu'ils ne pas trop le col.

Noémie: C'est C'est bon là ça te toie.

Matthieu: Non, je suis en train voir, mais non, ça va. Tu as le bel-edgy derrière les oreilles, comme ça. Voilà, ça c'est plus classe. Oui, c'est sûr que le côté de ton côté gauche Là, juste tu le mets bien derrière les oreilles. Comme ça, ? Oui, comme ça. C'est bien. Baisse un peu va faire le béret sur le côté. Voilà, ça c'est bien. Ça, c'est bien, ça c'est classe. Alors...

Noémie: de mon côté gauche,

Matthieu: En chaude pause, on recommence Quelle forme de service de milice as-tu fait ? Tu as fait clairement l'armée. Pourquoi as-tu choisi de faire l'armée ? Et qu'est-ce que tu as fait dans l'armée ? Quelles sont tes affectations ? Ta carrière militaire ?

Noémie: Alors j'ai fait mon école de recrues en 2008, été 2008 chez les chauffeurs poids lourds dans la logistique à Drognance, canton de Fribourg. J'ai fini mes jours après avoir fait tous mes cours de répétition. J'ai été dans différentes compagnies, j'ai été chauffeur chez les sanitaires, j'ai été chauffeur à la guerre électronique, j'ai été chauffeur dans la logistique. Ouais. Et puis, à côté de ça, ce que je fais encore maintenant, c'est que je suis juge dans les tribunaux militaires. Donc je vais 4-5 fois par année au tribunal militaire et puis j'entends des histoires de choses qui se sont passées ou qui se passent plus ou moins bien dans le cadre de l'armée. Et puis, accompagné de mes autres camarades juges, nous statuons sur ces cas. Pourquoi l'armée ? À l'époque, c'était surtout... Pourquoi l'engagement tout court ? À l'époque, je me suis dit, si les hommes ont une obligation de servir et doivent faire l'armée ou un service de remplacement, pourquoi pas moi ? En vrai, je me suis à l'époque même pas posé la question si c'était la protection civile ou un autre service. Pour moi, j'entendais parler d'armée beaucoup, en famille, avec les amis, autour d'une table. au bar, l'armée ou la sécurité est une thématique pour moi importante pour le pays mais aussi importante en politique. Je me suis dit si je veux pouvoir en parler, si je veux avoir un avis sur la question, parce qu'on entend tout et n'importe quoi, on entend tout et son contraire, alors je dois moi-même m'engager et puis faire l'expérience. Vivre ça de l'intérieur, voir ce qui fonctionne, voir ce qui fonctionne moins bien. Me forger mon propre avis et puis ensuite avoir une opinion et puis surtout d'être prise au sérieux quand j'en parle. Et puis peut-être la dernière raison pour laquelle je me suis engagée, donc je me suis engagée dans l'armée, c'est aussi un peu un défi personnel. Je me suis dit, moi qui n'aime pas me lever [tôt] moi qui n'aime pas recevoir des ordres, moi qui n'aime pas faire des choses alors que je comprends pourquoi on les fait, c'était presque plus un défi psychologique qu'un défi physique et puis alors là quand mon père est venu et puis il m'a dit "Noémie toi de façon, tu ne tiendras pas trois semaines" alors là je lui ai dit "ok ça c'est la goutte d'eau, moi, je m'engage et puis je vais te prouver que j'y arrive" et voilà. Donc il plusieurs raisons pour lesquelles je me suis engagée et je me suis engagée comme chauffeur poids lourd.

Matthieu: Raconte-nous un peu ce qu'il t'a apporté ce service. Personnellement et professionnellement?

Noémie: Alors personnellement, pense que ce qui m'a le plus apporté, c'est de rencontrer des gens qui ne font pas du tout partie de ma bulle, qui viennent d'autres régions du pays, d'autres milieux sociaux, d'autres métiers. J'avais trois bûcherons dans ma compagnie à l'école de recrues des menuisiers, des courtiers en assurance, de tout en fait. Et puis quand on est... quand on est... dans une carrière plutôt académique, universitaire, au final on ne se mélange plus tellement avec d'autres personnes. puis dans le service, n'en porte tous, on porte tous le même uniforme. Ce n'est pas écrit sur mon visage "Noémie, académicienne" ou bien "Matthieu, menuisier". On apprend à connaître les gens pour ce qu'ils sont, pas pour leur fonction, métier ou leur origine. Et ça, c'est hyper enrichissant. On apprend à connaître les réalités différentes aussi. Et puis ça, c'est un enrichissement personnel énorme. Puis on se crée un réseau. On se crée un réseau de personnes. Ça m'a encore aidée récemment de faire appel à quelqu'un qui était cuisinier à l'époque, dans un des cours de répète où j'ai fait mon cours de répète. C'est utile. Ca a élargi mes horizons, ça a élargi mes idées, a élargi ma compréhension du monde, de la Suisse, et puis ça a étendu mon réseau. Et puis après, de manière très pratique, je suis aussi ressortie de l'armée avec un chauffeur poids lourd avec un permis de chauffeur poids lourd en main. Alors oui, ça m'a aidée pour mes déménagements, encore que les camionettes que j'ai louées pour mes différents déménagements, étaient jamais plus de trois tonnes et demi. Donc... J'ai pas vraiment réutilisé mon permis de chauffeur poids lourd dans ma vie civile, mais j'aurais pu, par exemple, j'ai réfléchi à moment donné, si je voulais pas m'engager sur une mission au CICR ou à la Croix-Rouge, et puis là, ça aurait été un avantage conséquent d'avoir un permis de chauffeur poids lourd. Donc oui, beaucoup d'avantages personnels, mais je pense aussi que tout le monde se connaisse mieux, le fait qu'on apprenne à avoir confiance. dans les autres, le fait qu'on apprenne à collaborer avec les autres, le fait qu'on acquiert des connaissances par exemple en matière de premier secours, je ne sais pas moi. Chaque cours de répète, je refais la répétition des cours de premiers secours. Donc s'il devait y avoir un accident en face de moi ou à l'arrêt de bus, je saurai comment réagir. Donc je pense aussi que ce que j'ai appris pendant mon service peut être utile aux autres. peut être utile à la collectivité, en situation de crise, en situation d'urgence, je sais comment réagir, j'ai la confiance aussi en moi pour réagir correctement et ça je pense aussi que ça apporte énormément à la collectivité.

Matthieu: Alors tu es la directrice de l'association pour le soutien du service de milice en Suisse et c'est toi qui fait campagne Mano Curitair pour cette initiative. Explique-nous un peu le parcours de ton implication pour le service citoyen.

Noémie: Longue histoire. Ben un peu après mon école de recrues je crois que c'est dans le cadre justement de ce genre de discussion autour d'une table, autour d'un verre. avec toi, Mathieu, avec Quentin, avec Coralie, avec Alex Horton, avec plein d'autres jeunes gens qui étaient en plein dans leur engagement de milice, soit qui l'avaient terminé. Je crois qu'à l'époque, on refaisait un peu le monde et puis on se demandait comment est-ce qu'on pourrait améliorer le système pour qu'il soit plus juste, pour qu'il fonctionne mieux, pour qu'il soit plus utile à la collectivité. Et puis dans ce cadre de ces discussions, déjà à l'époque on réfléchissait, on s'est dit, il faudrait qu'on fasse quelque chose, politiquement qu'on lance une initiative, j'en sais rien quoi. C'était 2011, donc il a 14 ans maintenant. En 2013, il y a eu une votation sur l'abrogation de l'obligation de servir du GSSA dans le cadre duquel on avait plus ou moins peu pris position en disant que nous, il n'y a pas de raison d'abolir l'obligation de servir parce que c'est un des fondements du système de milice et de l'engagement et de la sécurité en Suisse. Mais on pourrait le réformer, par exemple en incluant plus de personnes, en incluant les femmes, en incluant plus de domaines d'engagement, etc. Après, cette votation qui a été rejetée à 73,4%, enfin 73,6%, enfin un truc énorme. par tous les cantons d'ailleurs, on a vu, puis c'est bien comme ça, c'est vraiment que le peuple suisse tient à son armée et qu'il tient à son armée de milice. Mais il y a eu en parallèle pas mal de discussions qui ont été lancées de comment est-ce qu'on pourrait actualiser un peu cette obligation de servir en Suisse pour qu'elle soit adaptée aux réalités d'aujourd'hui. Et dans ce cadre-là, nous on avait pris... contact avec les différents parlementaires qui faisaient partie des commissions, on avait pris contact avec le groupe de travail, l'OPFET qui s'occupait de rédiger un rapport sur l'obligation de servir, etc. Et on a rédigé collectivement un manifeste pour un service citoyen, qu'on a publié en 2015. Et il y a une période après un peu plus tranquille, jusqu'en 2018 où moi j'ai commencé à travailler chez Avenir Suisse, j'ai repris... le dossier de l'engagement milicien et de l'engagement citoyen chez Avenir Suisse. J'étais surtout spécialisée en matière politique de la santé, des assurances sociales, je suis même intéressée à la politique agricole, mais aussi justement cette thématique de la participation citoyenne, de la participation démocratique et citoyenne. Et à l'époque, j'ai écrit une tribune au 1er août, parce qu'au 1er août, c'est dans l'histoire de l'association, on fait toujours plein de trucs au 1er août. Au 1er août, on a publié une tribune, c'est un peu plaidoyer pour un service citoyen, ça a été publié dans la NZZ Am Sonntag et dans Tribune de Genève 24 heures. Et suite à cette tribune, j'ai eu tellement de demandes de personnes pour venir présenter le projet du service citoyen. Dans les six mois qui ont suivi, je crois que j'ai fait 34 présentations différentes sur la thématique du service citoyen. Et dans ce cadre de ces présentations, me suis rendie compte, mais les gens, se trouvent que cette thématique, elle est hyper importante. Tout le monde trouve que c'est une bonne idée qu'il faudrait qu'on aille là-dedans. Je me souviens, des panels, il y avait même Guy Parmelin, si je me trompe pas. Il y avait un ou deux gros animaux de l'armée suisse. Et là, il y a trois jeunes dans le public qui se sont levés et qui ont dit "Mais si vous lancez quelque chose, si vous faites une initiative, vous pouvez compter sur... puis c'était une jeune des... De jeunes de trois partis différents. Et là je me suis dit ok, ok, là on y va. Là il faut qu'on fasse quelque chose. Faut qu'on lance quelque chose, faut qu'on fasse quelque chose. Et on a commencé à préparer. Mais lancer une initiative populaire fédérale, ça prend une chiée de temps, une chiée d'énergie. Et ça nous a pris presque quatre ans entre 2018 et 2022 pour lancer la récolte de signatures. La récolte de signatures, en un an et demi, on a réussi à récolter 106 613 signatures valides. C'est moi qui ai aussi dirigé la récolte de signatures. Après six mois d'efforts volontaires et bénévoles, à côté de nos activités professionnelles, on s'est rendu compte qu'on n'y arriverait jamais si on ne changeait pas de stratégie. À ce moment-là, j'ai quitté toutes mes obligations professionnelles, mon job, je me suis consacrée à 100 % pendant plus d'une année à la récolte de signatures de l'initiative Service Citoyen, et ça de manière bénévole. Je pense que sans ça et sans la contribution d'autres bénévoles comme moi, on n'y aurait jamais arrivé. L'initiative a abouti en octobre 2023, coup. Ensuite, le Conseil fédéral a eu besoin d'une année pour se prononcer sur la question. Le Parlement a été très rapide, lui par contre, en six mois c'était putzé et on vote du coup le 30 novembre prochain sur l'initiative Service citoyen, le projet que je porte ou qu'on porte depuis 14 ans.

Matthieu: Alors maintenant, la question qui tue... Quelle est l'initiative pour un service citoyen en trois phrases ?

Noémie: en trois phrases. Le service citoyen veut que tous les jeunes en Suisse, indépendamment de leur sexe, de leur origine, fassent un service au profit de la collectivité. Que ce soit dans l'armée, la protection civile, le service civil, un autre domaine d'engagement qui soit utile à la sécurité et au bien-être ou bien commun de la Suisse. Et ça c'était une seule phrase. une longue phrase, mais voilà, il en va de l'engagement de chacun et de chacune pour la collectivité. Ça c'est le service citoyen.

Matthieu: Peut-être un peu plus de détails, qu'est que

Noémie: L'initiative, elle veut réformer le système de l'obligation de servir, qu'on connaît aujourd'hui, qui est purement masculin et militaire. Aujourd'hui, il y a que les jeunes hommes suisses, aptes, qui font un service, principalement dans l'armée, subsidièrement dans la PC s'ils ne pas aptes à l'armée, mais aptes à la PC Et dans le service civil mais seulement s'ils ont un conflit de conscience et donc ils font la preuve par l'acte qu'ils ont un conflit de conscience pour faire du service civil. Les femmes peuvent servir dans l'armée sur base volontaire, mais par exemple, c'est hyper compliqué pour une femme de faire un service civil parce qu'elle doit d'abord, se porter volontaire à l'armée, être déclarée apte par le médecin militaire pour un service dans l'armée et ensuite faire la preuve par laquelle elle a un conflit de conscience pour servir dans l'armée, pour pouvoir faire du service civil. Selon les derniers chiffres que j'ai, c'est 16 femmes en Suisse qui font un service civil. D'abord, à l'époque dans laquelle on vit, pourquoi est-ce qu'une obligation de servir devrait concerner que la moitié ou un tiers de la population, et puis pas toute la population ? Donc ça, c'est le premier... Le premier pan du service citoyen, c'est il inclut tous les jeunes, indépendamment de leur sexe et indépendamment de leur capacité physique dans le cadre de l'obligation de servir. Et l'autre chose, c'est que le système actuel, il considère la sécurité de manière très très très étroite. Donc c'est la sécurité extérieure, c'est la sécurité armée, c'est la sécurité militaire. Et aujourd'hui, notre société, elle fait face à des défis absolument inouïs, multiples, autant dans le milieu militaire avec les guerres, la guerre en Europe, la guerre en Ukraine, mais également dans le domaine civil. Je pense aux catastrophes naturelles, on vient de le vivre avec Blatten dans mon canton d'origine, je pense aux inondations qui ont eu lieu au Tessin l'année passée, pense aux feux en Italie, en Espagne. en Grèce, mais je pense aussi aux populations déplacées qui vivent dans des centres de protection civile. pense, voilà, plein de défis collectifs, aussi à l'isolement, au vieillissement de la population, le fait que les gens vivent aussi de plus en plus dans leurs bulles, que les jeunes... la santé mentale des jeunes en prend un coup quand ils ne plus en contact les uns avec les autres. Bref, on a des défis collectifs énormes, pas seulement dans le domaine de l'armée, et le service citoyen pourrait aider à renforcer tous ces domaines d'engagement pour que nous puissions faire face à ça ensemble, de manière collective.

Matthieu: Est-ce que tu as des enfants, des nièces, des neveux, des filleuls ?

Noémie: Alors j'ai deux filleuls et j'ai maintenant une petite nièce qui vient de naître le mois passé mais j'ai surtout deux enfants bonus. C'est les enfants de mon partenaire. Quand je les ai rencontrés ils avaient un an et demi et trois ans et demi. Maintenant ils ont... Ils ont sept ans et demi, et neuf ans et demi déjà. Ils sont les deux à l'école. Donc ouais, j'ai des enfants, j'ai des "enfants bonus". noël. Le grand, il s'appelle Jonah, et la petite elle s'appelle Noëlle.

Matthieu: Moi, je m'y rappelle. Alors, Jonah et Noëlle, qu'est-ce que tu leur souhaites comme service de milice ?

Noémie: Je leur souhaite de pouvoir s'engager de la manière qui leur... Je leur souhaite... Pardon, je recommence. Je leur souhaite de pouvoir s'engager dans des domaines d'engagement qui peuvent faire une différence. D'avoir l'impression de contribuer, et pas seulement l'impression mais de pouvoir contribuer à améliorer...

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