Cohésion, égalité, sécurité : pourquoi le service citoyen parle à la Romandie - avec Virginie Cavalli

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Speaker 1: Non.

Speaker 2: Présente-toi en 60 secondes. Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Qu'est-ce qui te fait vibrer ?

Speaker 1: Virginie Cavalli, je suis née et j'ai grandi à Lausanne. Je suis juriste spécialiste en protection des données et actuellement en activité à l'Université de Fribourg comme Data Protection Officer. Et sinon dans la vie, je suis très active en politique depuis plus de 10 ans et je siège actuellement au conseil communal de Lausanne. Et ce qui me fait vibrer, c'est le débat politique, m'engager pour ma collectivité au niveau local. Et puis quand j'ai un peu de temps, j'aime bien faire encore quelques balades à cheval.

Speaker 2: t'as un parcours politique impressionnant, tu es en politique depuis 11 ans et à 25 ans tu es devenue la confrontoitrice des jeunes vers libéraux vaudois, à 27 ans tu deviens la coprésidente nationale. Comment est-ce que tu expliques cette ascension fulgurante ?

Speaker 1: La première fois que je suis venue à une assemblée générale des Verts libéraux vaudois, la plupart de l'assistance c'était des hommes de plus de 50 ans. Et j'étais la seule femme de moins de 25 ans. Et à ce moment-là, il y a eu un déclic dans ma tête, je me suis dit, mais si c'est comme ça, dans l'ensemble du monde politique, il a une nécessité que des gens comme moi s'investissent et représentent les voix des personnes auxquelles je ressemble. Et c'est comme ça que j'ai décidé de me dire il faut que je prenne le lead, de créer justement les Jeunes vers Libère aux Vos Doigts pour permettre aux jeunes au sein de notre parti qui avaient des valeurs qui me parlaient beaucoup et qui me parlent toujours beaucoup. Et donc les choses se sont enchaînées assez rapidement et ensuite comme jeune femme romane c'est clair que j'étais appelée à prendre le lead au niveau national et c'était une expérience qui était complètement folle en plein Covid. mais je pense que franchement si je devais le refaire je le ferais exactement pareil.

Speaker 2: À la prochaine élection municipale de Lausanne, tu te présentes en alliance avec le centre. C'est un pari audacieux face à la gauche omnipotente et la droite conservatrice. Pourquoi ce combat ?

Speaker 1: Je pense que les partis centristes dont les vers libéraux peuvent dans ces temps troubler au niveau européen et même au niveau local. À Lausanne, on a beaucoup de soucis autour de la police, des questions de sécurité, des questions de deal de drogue. Les partis du centre, est les seuls qui peuvent parler à tout le monde. Et je pense que dans ce cadre-là, un exécutif qui a amené à prendre les décisions pour les grandes orientations de la ville devrait être plus équilibré politiquement. et intégrer justement des forces de compromis, à part les temps qui courent encore plus. Et puis je pense que comme jeune femme dans la trentaine, je représente une classe moyenne bien formée par nos excellentes universités juste à côté de Lausanne, qui est tout à fait légitime pour siager dans un exécutif comme celui Lausanne.

Speaker 2: Parlons maintenant de la Suisse romande et le service citoyen. Les études montrent que 75 % des romans soutiennent le modèle de service citoyen. Comment expliques-tu ce soutien massif en Suisse romande ?

Speaker 1: pense qu'on a une culture qui est naturellement plus communautaire et plus solidaire. On la culture latine. Ça ne veut pas dire que les Suisses allemands ne le sont pas, mais peut-être qu'on a cette volonté de vivre ensemble qui est un peu plus forte de ce côté de la Sarine. Et puis justement, on a le souci aussi, on sait que par exemple, les Latins, donc les Romands et les Tessinois, fréquentent plus. les hôpitaux vont plus facilement consulter. Donc on a un souci de soi et de vivre ensemble qui est peut-être plus important de ce côté-là de la Sarine. Et puis on sait que la Suisse romande veut traditionnellement plus progressiste et un peu plus à gauche. Donc c'est vrai que l'initiative comme le service citoyen qui pousse vraiment vers la solidarité, vers le fait de vivre ensemble, d'être en contact avec des gens de toute classe sociale et de tous horizons, C'est clair qu'il y a un soutien qui est plus fort ici qu'ailleurs.

Speaker 2: Lausanne est une ville dynamique, multiculturelle et jeune. Comment est-ce que le service citoyen résonne dans ta ville ?

Speaker 1: Je pense qu'il va très bien résonner et qu'il résonne déjà très bien puisque finalement on a 43 % de personnes qui n'ont pas de passeport suisse aujourd'hui à Lausanne et qui pourront être dans le futur, intégrées dès le début de leur âge adulte dans le cadre de ces services citoyens. je pense que c'est une occasion pour elles et eux de justement être liées à une partie de la population. qui est peut-être rétabli en Suisse depuis plus longtemps, de façon active, et puis justement de mélanger ce multiculturalisme de façon plus active que c'est fait aujourd'hui. Et c'est l'occasion justement de dépoussiérer l'obligation de servir qui est, je pense, dans les grands centres urbains, quelque chose d'assez old-fashioned on dirait, pour beaucoup de jeunes. Donc le service citoyen, c'est l'occasion vraiment de moderniser l'obligation de servir et d'intégrer les jeunes d'aujourd'hui et leurs préoccupations d'aujourd'hui et leur permettre de s'ouvrir sur le monde quand ils arrivent à l'âge de la majorité ou au début de leur vie professionnelle.

Speaker 2: Donc femme née en 1993, as-tu effectué un service de milice

Speaker 1: Non, je n'ai pas effectué de service de milice parce qu'à l'époque, j'ai reçu les informations qui m'auraient permis de me présenter à la journée d'information et au recrutement. Mais il est clair que quand on sait que dans une institution, l'armée ou la protection civile, il a moins de 2 % de femmes, quand on est une jeune femme de 18 ans, toutes les préoccupations qu'on peut avoir à cette époque. et toutes les insécurités qu'on peut avoir à ce moment-là, j'avais pas vraiment envie d'aller rentrer de plein fouet dans un monde que j'estimais à l'époque réservé aux hommes. Et d'ailleurs, il quelques années, il y a eu un sondage sur les violences sexistes et homophobes au sein de l'armée, qui, je pense, ne donnent pas très envie actuellement aux jeunes femmes d'aller s'engager dans ce genre de services de milice.

Speaker 2: sur un des projets que tu as lancé, du soleil participatif. Il y a maintenant une rencontre entre services citoyens et du soleil participatif. Tu as déposé des postulats sur le solaire participatif, la sobriété énergétique. Quel est le lien avec le service citoyen

Speaker 1: Je pense que c'était dans le cadre d'une activité associative. avions lancé avec quelques amis en politique. D'ailleurs a très peu de femmes au sein du comité pour la petite histoire qui s'appelle toujours Cellios et qui a continué sa vie une fois que j'ai quitté le comité fondateur de cette coopérative. du coup le projet c'était vraiment de trouver des fonds pour mettre en lien des propriétaires de toit la ville de Lausanne. pouvaient faire partie et pourraient faire partie de ces propriétaires de toits, et de trouver des fonds qui permettent de faire les travaux et ensuite l'entretien, de la mise en service de ces différentes centrales solaires. On a quatre à cinq projets qui sont en activité actuellement à travers la Suisse-Romande, des toits plutôt de taille industrielle, donc beaucoup de surfaces, plusieurs centaines de mètres carrés de surface de panneaux solaires en activité. Et pour moi, le lien avec le service citoyen, c'est vraiment le fait que c'est une action concrète. Mes valeurs sont proches, enfin, sont totalement pour pousser le développement des énergies renouvelables. Et Célio, c'était une façon de rendre ça très concret. Et le service citoyen, je pense que c'est ça aussi qui m'a plu dans ce projet, c'est que c'est un aspect concret. Et puis ça permettrait à des jeunes hommes et des jeunes femmes d'un... de larges horizons. de pouvoir s'intéresser aussi à ce type de projet, peut-être en étant en lien avec des associations, des coopératives qui sont actives dans les énergies renouvelables, mais ça peut être aussi d'autres buts comme le sport, les pompiers, la fanfare, etc. Et ça permettra de valoriser cet engagement parce qu'aujourd'hui, c'est clair que quand on a des idées proches, de celles qu'on défend par exemple dans la coopérative solaire, c'est valorisant, mais je pense que ça permettrait d'avoir une reconnaissance qui sera génératrice en fait d'engagement supplémentaire dans le futur.

Speaker 2: On va commencer à décortiquer les arguments du Conseil fédéral. Oui. Premier, et je pense que l'argument phare, c'est l'argument économique. Tu fais partie des verres libéraux, donc il a libéraux dans le nom. Le Conseil fédéral dit économiquement, ça n'a pas de sens, ça fait un doublement des coûts. Toi qui travaille particulièrement aussi dans la santé publique et que tu connais les questions de budget, quelles sont ta réponse ?

Speaker 1: Je pense que c'est un argument très court-termiste parce qu'effectivement, il y aura des coûts. Mais pourquoi ? Parce qu'on intègre aujourd'hui dans une institution nationale, enfin une institution fédérale de long terme, toute une partie de la population, les femmes et une partie des étrangers, dans une institution suisse. Et aujourd'hui, la vraie question, c'est est-ce qu'on exclurait les femmes d'autres institutions de ce type Par exemple, l'AVS. Est-ce qu'aujourd'hui, ça serait encore une question ? Ça l'était peut-être plus tôt. Est-ce que les femmes aujourd'hui seraient exclus de la direction et des conseils d'administration de certaines paies me... Non. Il n'y a aucune entreprise qui tourne sans femmes aujourd'hui. Donc je pense c'est vraiment... Et il faut voir aussi le service citoyen comme un investissement, parce qu'à ce moment-là, bien... les coûts, on supprime l'armée, on supprime la protection civile et puis on délègue ça à l'économie privée. Si je suis assez provocatrice pour le dire, c'est ça le raisonnement qu'il y derrière. Bien sûr, ça a un coût sur les années d'introduction, mais c'est aussi un investissement. L'armée, c'est aussi un investissement, la protection civile, c'est aussi un investissement dans nos jeunes, dans le fait de les responsabiliser, de les ouvrir à d'autres horizons auxquels ils n'auraient pas accès sans ces institutions.

Speaker 2: Le Conseil fédéral se tourne après justement à la question de l'égalité. disent que ce n'est pas une vraie égalité, tant donné que les femmes font déjà beaucoup de care work non payées et donc le service citoyen serait une double peine, que réponds-tu ?

Speaker 1: Alors je pense que quand on revendique les mêmes droits, exemple, moi je suis très à l'aise en fait de dire que les femmes devraient avoir un congé parental égalitaire avec les hommes pour pouvoir être, se défendre à armes égales. Par exemple quand on a mon âge, je sais que quand je suis dans un entretien d'embauche, c'est une question que l'employeur va se poser quand même dans sa tête. Est-ce qu'elle veut des enfants de 5 années à venir ? et peut-être que même inconsciemment le dossier d'un homme passera devant moi. Donc moi je revendique une égalité des droits et donc une égalité aussi des obligations. Et je pense que c'est que sur ces deux piliers qu'on peut obtenir une égalité dans les fêtes et dans les droits. Et là vraiment je pense que cet argument il est erroné parce que c'est justement aussi... Si on met les femmes devant une égalité d'obligation, elles se battront aussi à armes égales dans le reste de leur tâche et dans leur quotidien.

Speaker 2: Aujourd'hui pour les femmes de faire un service civil, c'est un parcours kafkaïen. Donc une femme doit d'abord être volontaire à l'armée, puis faire la preuve par l'acte pour être après dirigée vers le service civil. Aujourd'hui il y a huit femmes en Suisse entière qui font un service civil. est ton avis de cette situation en tant que juriste ?

Speaker 1: C'est une situation absurde, c'est simplement qu'aujourd'hui on a une situation qui empêche les femmes de pouvoir valoriser un engagement citoyen qu'elles auraient dans le cadre du service civil. Par ailleurs, le parcours est tout aussi kafkaïen pour intégrer l'armée puisque les hommes doivent prouver... qu'ils sont inaptes à faire l'armée, tandis que les femmes doivent prouver qu'elles sont aptes. Et là, déjà, on a une inégalité de traitement qui est assez crasse et qui conviendrait que le service citoyen, de par son acceptation, permettrait d'aplanir.

Speaker 2: Les droits LGBTQIA +, c'est le service citoyen. Tu t'es battu pour le mariage pour tous contre les discriminations. Est-ce que le service citoyen peut être un outil d'inclusion aussi pour ces personnes-là

Speaker 1: Je pense qu'aujourd'hui, c'est effectivement comme les femmes, on l'a vu dans ce sondage qui est sorti sur les violences sexistes et homophones dans l'armée, est assez effrayant. Et puis effectivement, ça permettrait à l'ensemble de la population au sens large et peu importe son orientation sexuelle et son genre d'être à armes égales dans un système qui aujourd'hui favorise énormément. les hommes hétérosexuels cisgenres. ce qu'il ne pas oublier aussi avec l'armée, la protection civile, le service civil, c'est que c'est l'accès à un réseau de personnes que les gens n'ont pas l'occasion de croiser dans leurs autres cercles sociaux qui après les ouvrent, ouvrent des portes dans plein de dimensions, qu'elles soient professionnelles, associatives, politiques, etc. Et ce que moi je constate en politique, c'est que les jeunes femmes s'engagent assez facilement jusqu'au moment où elles ont des enfants. Et puis après, très rapidement, elles sortent de la vie associative. Alors ça peut être la politique, mais ça peut être aussi des associations sportives, la société civile, etc. Et puis ça crée une inégalité, forcément, après quand on met des femmes sur des listes, puisque leur réseau est de facto plus restreint. puisqu'elles se sont consacrées plus facilement aux activités de leurs enfants et que leur conjointe ou conjoint a pu continuer à avoir quand même une activité associative forte. Donc je pense que c'est très important pour l'ensemble de la société, peu importe son genre et son orientation sexuelle, de pouvoir participer à ce service de milice qui ouvre après. qui est un générateur d'engagement citoyen politique associatif important pour la suite de la vie et qui permet ensuite d'intégrer plus de femmes et de personnes queers dans la politique.

Speaker 2: Parlons du conflit avec le droit international. Le Conseil fédéral parle de risque de violation de l'interdiction du travail forcé. Toi qui es juriste diplômé de Lausanne et de Berne, que dis-tu de cet argument juridique ?

Speaker 1: Alors ça c'est un argument que je n'ai jamais compris puisque à ce moment-là, l'armée, la protection civile et le service civil tel qu'on le connaît aujourd'hui, c'est du travail forcé également. Et dans ce cas, bien ce n'est pas un argument valide puisque finalement le service citoyen encore une fois c'est une volonté de moderniser et de dépoussiérer cette obligation de servir en bâti sur un système qui est existants et qui respectent notre ordre juridique. Donc il n'y a aucune raison que le service citoyen ne le respecte pas. D'ailleurs, ce sera au travail du législateur de mettre en œuvre ensuite l'initiative pour l'intégrer et la construire, construire le système sur ce qui est déjà existant.

Speaker 2: Parlons maintenant de ton engagement et ta vision. rôle dans l'initiative, tu es membre du comité d'initiative du service citoyen. Qu'est-ce qui t'a amené à t'engager aussi fortement ?

Speaker 1: Alors les idées qui vont loin, elles m'ont toujours plu et je trouve qu'aujourd'hui on fait face à beaucoup de menaces, même dans la Suisse qu'on estimait sûre et vraiment hors de tout risque. La guerre est à nos portes, on a des catastrophes naturelles sur notre sol avec notamment toutes les Alpes. tous les cantons alpestres sont menacés aujourd'hui de nombreuses catastrophes naturelles. On a vu avec le Covid qu'on a intérêt à ce que notre système sanitaire puisse être renforcé par des civilistes. Donc, ces crises qu'on a traversées, on a pu prouver que justement, cet engagement civil de l'armée citoyen est nécessaire pour la cohésion de la Suisse et surtout pour qu'on puisse être résilients. face à ces crises. Et j'étais déjà convaincue avant qu'on vive toutes ces crises puisque mon engagement politique trouva aussi ses bases dans des conditions écologistes assez fortes. Et là, aujourd'hui plus que jamais, je pense que le service citoyen, c'est une bonne idée, même effectivement si ça va loin, si ça bouscule certaines convictions qu'il ne pas changer trop vite. Quant à la politique de défense, pense qu'aujourd'hui, le Conseil fédéral nous a produit environ 5 ou 6 rapports sur les 10 dernières années qui ont passablement occupé des technocrates à Berne qui disent tous la même chose. Si on ne fait rien, si on ne réforme pas le système de recrutement de l'armée et de la protection civile, on n'a plus assez d'effectifs pour garantir 100 000 hommes mobilisables d'ici la fin de la décennie. Et vu tout ce que j'ai évoqué avant et l'actualité et les faits internationaux, il est nécessaire plus que jamais de dire oui au service citoyen le 30 novembre.

Speaker 2: Pourquoi est-ce que les jeunes et les libéraux de manière générale s'engagent pour une obligation ? On pourrait penser que les libéraux sont contre les obligations étatiques. Pourquoi est-ce que les vers libéraux soutiennent activement le service citoyen ?

Speaker 1: pense que c'est parce que c'est un texte qui implique une profonde responsabilité individuelle et qui la pousse. Et puis effectivement, ce slogan « plus de liberté, moins d'État » qui est utilisé par certaines et certains, il pouvait être adapté dans un monde qui n'était pas forcément ultra-globialisé et ultra-numérisé comme aujourd'hui. Mais... Là, qu'on voit, c'est que les jeunes se recroquent vite de plus en plus sur leur monde numérique, encore plus depuis le Covid. Un exemple tout bête, consomment de plus en plus de drogues dures et ils font de moins en moins l'amour. Donc c'est peut-être aussi cette nécessité de vivre ensemble et de se rencontrer, que le service citoyen pousse et implique. Et je pense vraiment que c'est... actuelle plus que jamais avec l'avènement des réseaux sociaux, cette ultraconnectivité mais ce manque de communication et de se rencontrer en live, je pense que ça sera nécessaire plus que jamais. Et puis si je reviens à mon expérience personnelle, si on parle de la politique et de cet augmentation de milisport que j'ai toujours eu depuis de nombreuses années en politique, ça m'a quand même... beaucoup apporté en termes de compétences, de prise de parole, de compétences sociales, des compétences que je n'aurais pas développé dans le cadre de mon cursus de formation même si je suis universitaire. Donc je pense que pour des personnes qui font un apprentissage, qui travaillent en bureau, qui sont peut-être moins en contact avec d'autres, ça peut être vraiment très riche pendant un temps, début de leur vie d'adulte, de s'ouvrir. justement à d'autres horizons et puis à devoir aller vers l'eau.

Speaker 2: à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler l'initiative en quelques phrases.

Speaker 1: Le service citoyen vise à moderniser notre obligation de servir. Donc il s'agirait en fait que chaque jeune, qu'il soit homme, femme et ou étranger, à faire un temps, quelques mois, une année, une année et demie, un service au profit de la société, ça pourrait être dans l'armée, la défense, la protection civile ou dans une activité plus large citoyenne. pour la collectivité, peut être les pompiers, de la politique, une activité associative, pour une ONG, etc. Alors, l'initiative du service citoyen, ce qu'elle propose, c'est de moderniser notre obligation de servir qui est existante aujourd'hui, uniquement pour les hommes suisses, et de l'élargir aux femmes et éventuellement aux étrangers. Et l'idée qu'il y a là derrière, c'est justement de dire, au début de votre âge adulte, donc vers l'âge de 18-20 ans, vous devez effectuer une obligation de servir dans les trois domaines suivants, c'est-à-dire l'armée, la défense, la protection civile ou un engagement citoyen autre. Ça peut être par exemple dans les soins ou dans une autre activité associative, par exemple les pompiers de votre village ou tout autre engagement citoyen qui permettrait de valoriser en fait ce dernier et de vous dire « je me suis rendue utile pendant une année, une année et demie ». pour la collectivité. Et ce qu'il faut être bien conscient, c'est que dans le texte de l'initiative aujourd'hui, et ça sera le texte sur lequel vous voterez, les effectifs de l'armée et de la protection civile qui sont aujourd'hui quand même assez en danger pour plein d'autres raisons sont garantis. Donc ça veut dire que le texte prend en compte vraiment ces trois grandes possibilités de s'engager pour la société et ça sera au Parlement ensuite de s'assurer. que l'armée et la protection civile restent assez attractives pour pouvoir garantir ses effectifs.

Speaker 2: La mobilisation en Suisse romande, comment est-ce que tu mobilises la base vert libérale au-delà de la Suisse romande pour cette notation ?

Speaker 1: Alors, il a les réseaux sociaux, il y a notre partie nationale qui fait toute une campagne interne, et puis après, c'est aller dans la rue, au contact des citoyennes et des citoyens, des votants et des votants, pour qu'ils s'engagent à voter oui lors de ces prochaines élections. On va recommencer ?

Speaker 2: Comment est-ce que la base vert libérale s'engage pour cette votation

Speaker 1: Alors, comme dans tout parti, on a différents niveaux institutionnels. on a le Parti National qui coordonne la campagne de façon centrale. Et puis après, c'est une campagne assez classique, réseaux sociaux, contacts de la population dans la rue. c'est le rôle des sections locales comme la mienne à Lausanne. Donc ça va être distribuer des flyers, discuter avec la population, convaincre. et surtout faire un effort aussi de publier certains courriers des lecteurs et autres tribunes dans les journaux pour que vraiment on aille toucher un maximum de la population en l'informant correctement. Puis après il y a des barrages du haut télévision, réseaux sociaux, voilà, on essaye d'aller sur tous ces canaux de façon efficace avec les moyens qu'on a.

Speaker 2: peu de choses personnelles. Les chevaux et la politique. dis que les chevaux enseignent l'humilité, la patience et la persévérance. Comment ces valeurs s'appliquent-elles au service citoyen

Speaker 1: Je pense que ces valeurs-là s'appliquent en général en politique mais surtout à des initiatives comme le service citoyen parce que c'est effectivement un texte qui va assez loin, qui va déranger pas mal de convictions conservatrices et c'est surtout une idée assez unique en Europe voire dans le monde. puis je pense que les chevaux, nous enseignent, enfin, m'ont toujours enseigné en tout cas. à être persévérante et puis à toujours insister jusqu'à ce que le message soit passé en douceur. Parce que c'est clair que pendant cette campagne, qui va être difficile, c'est qu'on va subir pas mal de... justement, il y a beaucoup de personnes qui vont se sentir dérangées dans leurs idéaux, notamment je pense qu'une partie des personnes qui y servent... Les hommes seront assez dérangés en fait par le fait de tout d'un coup se retrouver peut-être en concurrence avec les femmes, parce que aussi ça qui se cache un peu derrière les arguments du Conseil fédéral. Et puis donc les chevaux m'ont toujours appris à avoir du leadership et puis à rester sur mes idées jusqu'à ce qu'elles passent, mais sans jamais m'énerver ou être violente ou dérangeante, parce que ce sont des animaux qui sont... très sensibles. Et ce qu'ils m'ont aussi enseigné, c'est toujours à rester calme en toutes circonstances, même si parfois le débat qu'on a ou la discussion qu'on a entre nous ne peut pas être très productif, a des jours avec et des jours sans. Je pense que ça que ça m'enseigne au quotidien, la pratique de l'équitation.

Speaker 2: Parler de l'impact ou bien de l'unique, le fait que l'initiative Service citoyen a un modèle unique au monde. Parlons un peu d'Europe. Si je me trompe pas, ton compagnon est aussi actif en politique et cela en Belgique. Ma sœur habite à Bruxelles. Quelle est sa vision du service citoyen ? Est-ce qu'il a un similaire qui commence à faire disputer en Europe, en Belgique

Speaker 1: Alors dans la plupart des pays européens il n'y a plus d'obligation de servir, c'est aussi le cas en Belgique. Et mon compagnon est assez d'avis en tant que libérale comme moi que ça ferait pas du tout de mal finalement aux jeunes de se rendre utile au sein de la société. Et puis la Belgique contrairement... à la Suisse ou dans une certaine mesure, manqué certains de ses objectifs d'intégration. y a beaucoup de réfugiés qui sont complètement livrés à eux-mêmes. Il y a eu dans certains endroits une politique d'intégration qui a été vraiment loupée, qui entraîne une montée de l'extrême droite assez fulgurante, dans sa région en Flandre. Et dans ce cadre-là, c'est clair que lui, sera assez favorable à ce que les jeunes s'engagent pour la collectivité.

Speaker 2: C'est intéressant, j'ai rencontré un réfugié qui est devenu suisse. Je l'ai rencontré par hasard et puis il m'a dit le moment où je me suis vraiment senti suisse, c'est quand j'ai fait l'armée. Qu'est-ce que tu leur souhaites ? Comme service ? Qu'est-ce que tu leur souhaites à ces jeunes ?

Speaker 1: Moi je leur souhaite d'avoir les outils pour vivre dans un monde qui va encore beaucoup changer. que si un bébé naît aujourd'hui, ça veut dire que potentiellement il a une espérance de vie au-delà de 2100. Et moi ça me fait un peu peur quand je vois l'évolution du monde. Rien que ces vingt dernières années ou ces dix dernières années, le monde a complètement changé. Et j'ai l'impression qu'il une espèce d'endormissement complet dans le débat. À peine en est sorti du Covid, tout le monde a repris ses habitudes en pire, voire vraiment de façon infernale. Et je pense que je leur souhaite vraiment de garder des valeurs du vivre ensemble et de cohésion et surtout peut-être être ouvert aux dialogues hors de leur petit cercle. sociales qui vont se construire en grandissant, surtout de continuer à s'engager parce que je pense qu'on a vraiment besoin de toutes les générations qui s'engagent au niveau citoyen.

Speaker 2: Tu parles plusieurs langues dont l'anglais, le français et l'allemand. Et le néerlandais aussi. Est-ce que le service citoyen peut aider à renforcer la cohésion nationale au-delà du Roch-Tigraben ?

Speaker 1: En anglais. Absolument. pense qu'aujourd'hui, les gens qui gradent dans l'armée par exemple ou qui ont un parcours en tant que civiliste dans une organisation qui active par exemple au niveau suisse, ça peut être une ONG, acquièrent des compétences linguistiques nécessaires. Malheureusement aujourd'hui dans beaucoup de comptes en roman, on a de la peine à parler l'allemand à l'école. Et puis même si on l'apprend, on se rend compte après que le dialecte est aussi très important pour pouvoir se faire écouter en Suisse alémanique. Donc indéniablement le fait d'être en contact avec la Suisse alémanique de façon plus intense, j'ai vécu en tant que coprésidente des Jeunes Verts Libére au Suisse, ça permet de développer des compétences linguistiques qui sont précieuses et qui sont surtout plus informelles que ce qu'on pourrait apprendre dans n'importe quelle cours de langue. pratiquée et je pense que c'est une très grande richesse pour la Suisse de parler plusieurs langues et aujourd'hui quand je vois que dans certains hémicycles en Suisse-Allemanie qu'on veut supprimer le français à l'école primaire et que certains partis politiques parlent de fremdsprache et bien je peux en tout cas dire que ce n'est pas la bonne voie. Et justement, va se retrouver peut-être dans des pays qui sont vraiment complètement fracturés au niveau linguistique, comme la Belgique. Et ça serait vraiment, vraiment très dommage pour notre richesse. Et surtout, après sur le monde professionnel, n'importe qui qui veut travailler dans une boîte suisse doit savoir l'allemand, en tout cas de façon passive, et réciproquement le français.

Speaker 2: Parlons rapidement de la coopérative SELIOS, Est-ce que le modèle coopératif peut inspirer la mise en œuvre du service citoyen ?

Speaker 1: pense que le modèle coopératif est intéressant sur le fait que comme une association, est souvent géré au départ par des bénévoles et puis après, on avance dans le temps, plus on se professionnalise et puis ça permet de prendre des responsabilités qu'on ne pourrait pas avoir si on est salarié et puis si on est jeune, souvent on n'a pas directement l'accès à des postes de direction. Donc je pense que les modèles associatifs et coopératifs, sont vraiment très intéressants pour ça parce qu'ils permettent de modeler des entités à notre image, comment on a envie de le faire et hors des carcans d'une entreprise. Et en cela, le service citoyen est assez intéressant parce qu'il permettrait aux jeunes de pouvoir découvrir diverses structures et de s'en inspirer pour mener ensuite leur propre projet.

Speaker 2: Maintenant, message final en novembre, fin novembre 2025, veille du vote. Quel est ton message pour les romans qui hésitent encore ?

Speaker 1: le 30 novembre pour une obligation de servir moderne et qui sert la cohésion nationale, un grand oui au service citoyen.

Speaker 1: la droite et la gauche qui s'allient, qui nous disent tous que les femmes font du travail de care non rémunéré et que donc le service citoyen serait une peine double, où les femmes doivent travailler encore plus pour la collectivité. Qu'est-ce que tu réponds ?

Speaker 2: Et bien je réponds que cette initiative s'adresse en priorité pour des jeunes entre 18 et 30 ans et la plupart des femmes aujourd'hui n'ont plus d'enfants avant 30 ans. Donc voilà, il n'y aurait pas de double peine à ce moment-là de la vie. Et puis en plus le service citoyen, permettrait aussi de renforcer des systèmes d'aide à la personne. Ça peut être dans les MS mais aussi dans les crèches. Et puis ça permettra peut-être à certains jeunes hommes d'effectuer du coup leur service dans le soin, dans les AMS ou crèches, et donc peut-être de par la suite de leur vie aussi d'assumer aussi dans leur vie de famille future une partie du care et des tâches du travail domestique plus importants que les générations précédentes.

Speaker 1: Parlons de l'argument économique, étant donné que c'est l'argument le plus important. Pourquoi est-ce tu penses que le service citoyen est une bonne idée qui soutient aussi l'économie suisse ?

Speaker 2: Parce que quand on a un parcours tout tracé, une formation supérieure, un milieu social favorisé, c'est assez facile d'avoir accès à tout plein de choses et de pouvoir s'intéresser justement à un engagement citoyen à côté. Et c'est peut-être pas forcément le cas des personnes qui viennent d'un milieu plus modeste en mettant à pied d'égalité toutes ces jeunes et tous ces jeunes... au sortir de leur scolarité obligatoire ou de leur apprentissage, ça permettra qu'ils puissent avoir accès à toutes sortes d'horizons et de mondes qu'ils n'auront peut-être pas eus s'il n'y avait pas eu justement le service citoyen, et par là même peut-être les pousser à faire certains métiers qu'ils n'auraient jamais fait autrement, et puis à apporter des compétences, finalement, compétences linguistiques, de leadership, d'organisation. qu'ils n'auraient pas eu dans une autre formation plus basique. Donc je pense que c'est un investissement pour l'économie. Effectivement, le fait d'introduire les femmes dans un premier temps, ça a un coût, mais c'est aussi un investissement. C'est plus de compétences pour nos jeunes et donc plus de compétences à valoriser sur le marché du travail par après.

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