Ce que le service de milice apprend vraiment à un jeune officier sur le leadership & Suisse moderne- Matthieu Gueissaz

Shownotes

🔗 Weiterführende Links

👉 Faktencheck: www.servicecitoyen.ch/de/argumente/#fakten 🌐 Website: www.servicecitoyen.ch 💼 LinkedIn: Service Citoyen Initiative 📸 Instagram: @initiativeservicecitoyen2025 🎵 TikTok: @servicecitoyen2025 ▶️ YouTube: Service Citoyen Initiative

Transkript anzeigen

Speaker 2: Alors explique-nous un petit peu, qui tu es, d'où tu viens et qu'est-ce que tu fais dans la vie

Speaker 1: Je suis Mathieu Gueissaz. je vous considère de le châttel, mais je n'ai jamais habité là-bas. Je suis romand en tout cas, mais j'ai habité à Zurich une grande partie de ma vie. suis né à Chicago. J'ai passé quelques années à Strasbourg, je suis arrivé à Zurich en tant que petit gamin romand, parlant absolument pas l'allemand, mais justement, que j'ai appris après coup. j'ai fait mes études de droit à Fribourg Et j'ai commencé l'armée assez tôt, à 18 ans, directement après mon bac, avant d'aller à Fribourg l'université. Et aujourd'hui, je suis avocat, mais surtout, je suis dans le domaine des startups. Donc, j'ai plusieurs entreprises dans le domaine de la crypto, et je gère un des plus grands network d'avocats spécialiste en crypto.

Speaker 2: Et pourquoi tu as choisi le service militaire comme forme d'engagement civil ?

Speaker 1: Alors, je dois dire que je viens d'une famille qui ⁓ s'est beaucoup engagée à l'armée. Mon grand-père était colonel, mon père était capitaine, mon oncle était major. Et donc, pour moi, c'était quelque chose de totalement normal que j'allais aussi faire le service militaire en tant qu'homme. Et d'ailleurs, j'étais assez convaincu du fait qu'il fallait que je fasse un service en tant qu'officier. Et je suis très content d'avoir fait ça parce que ça m'a apporté beaucoup de choses. surtout en tant que jeune de 18 ans, en arrivant, c'est quand même assez intense directement après l'école, que d'être dans une structure qui est quand très différente à l'école, la maison, papa, maman.

Speaker 2: Qu'est-ce que tu fait exactement dans tes affectations ? Tes fonctions dans la milice ?

Speaker 1: Donc j'ai commencé en tant qu'explorateur. L'explorateur d'infanterie est un soldat dont le but est d'explorer, donc de trouver des informations, donc de mettre des renseignements pour le bataillon. Et j'ai donc gradé. Je suis devenu sous-officier et plus officier. donc j'ai fait l'école d'officier quand j'avais... au cours de 18 ans. J'ai payé mes galons à 19 ans. Et j'avais à ce moment-là le commandement d'une équipe de 50 personnes dont une grande partie était plus âgée que moi. Et puis j'avais du matériel militaire qui devait valoir 5, 6, 7 millions. Et donc j'avais le commandement de tout ça à 19 ans. ça m'a beaucoup, beaucoup formé de faire ça. On en reviendra, Et puis après, j'ai réalisé, après le cours de répétition, que c'était assez répétitif. J'ai surtout beaucoup aimé les trois premières années en tant que chef de section. J'avais une section à moi que je revoyais chaque année. C'était toujours les mêmes hommes. Et j'ai eu des super types qui servaient avec moi. Et là, après trois ans, on fait un roulement normalement pour que plus de personnes puissent avoir le choix d'avoir une section à mener. Et donc, je suis devenu le remplaçant du commande compagnie. Et ça, c'était un rôle qui était moins intéressant. J'étais un peu le deuxième à charge. Je n'avais pas de commandement vraiment. Et à ce moment-là, j'ai décidé de m'engager en tant que S2, donc chef renseignement du bataillon de caravinières. J'ai eu cette fonction pendant 34 ans. sein du bataillon, c'est la personne qui est responsable de montrer au commandant de bataillon quel est la rouge, quel est l'ennemi, la partie adverse, et comment est-ce qu'elle s'articule, quels sont les scénarios possibles contre lesquels on doit pouvoir se défendre, contre lesquels on doit pouvoir agir en tant que bataillon. Et maintenant je suis en train de partir du bâtiment du Caraviniers et en phase de rejoindre le service de rassemblement de Différents moments, ça m'a apporté différentes choses. J'ai grandi dans un milieu assez international, étant donné que j'étais à l'école internationale, je n'ai pas suivi le cours sur le Suisse normal. Et donc, de me retrouver avec des gens de toutes les strates sociales, mais très suisses, ça m'a quand même renforcé mon lien que j'avais avec mes compatriotes, tant suissalémaniques que suissromans. Je savais déjà parler allemand et français, donc finalement, linguistiquement, m'a pas apporté grand-chose. Mais c'était une des raisons pourquoi l'armée me boulait en tant que gradé. J'ai justement, tout me part, je me suis vraiment poussé à mes limites physiques, surtout pendant l'école d'officier, entre autres la marche de 100 km. Mais l'école d'officier à plusieurs reprises psychiquement et physiquement, étaient des épreuves assez On dormait pas assez, on devait travailler pendant des journées très longues, on était mis sous pression. Finalement, c'est un peu l'équivalent d'un MBA, mais à très jeune âge, bien avant de commencer l'université. Ça, pense que c'était très intéressant. le fait d'avoir de la pratique pendant les cours de répétition avec une troupe qui était toujours la même et avec laquelle on pouvait tisser des liens, ça me permettait d'exercer certaines techniques de leadership et de voir quel était l'effet sur le long terme. Par exemple, une des choses que j'ai réalisées, c'est que l'autorité ne venait pas du tout par le fait de crier plus fort ou le fait d'avoir un certain grade, ça venait vraiment à travers le fait d'avoir, de pouvoir expliquer aux gens pourquoi est-ce qu'ils sont là et qu'est-ce qu'ils font là où ils sont. Et aussi d'empathier avec eux, de leur expliquer, je sais que c'est dur maintenant, mais on fait ça à cause de ça. et aussi de leur montrer qu'on est là en fait pour les servir. que moi je me considérais un peu comme un... un gentil organisateur du PLOMED, mais bien sûr de manière unitaire. Mon rôle était de rendre le service pour mes hommes le plus utile possible pour eux et pour l'armée. Et donc de les faire attendre pour attendre, les faire combattre dans la boue juste pour m'emballer dans la boue, ça n'avait aucun sens. J'essayais toujours d'expliquer quel était le sens pour eux et je pense que ça a bien marché. Et après, personnellement, bon, personnel, professionnel, finalement, c'est assez proche quand on parle de leadership. J'ai, après, justement, je gradé pour devenir capitaine au sein d'un bataillon. Donc, on est parti par un service d'avancement où on apprend la structure de pensée, de prise de décision d'un bataillon. la structure qu'on utilise. c'est une structure de prise de décision en temps de crise. Et en fait, ce schéma est très proche de la manière d'une entreprise. aujourd'hui, et surtout en Suisse, il y a quand même une certaine formatisation qui se fait par l'armée de la citoyenneté. C'est très similaire, on a des structures très similaires, des rôles très similaires. et aussi une manière de prendre des décisions qui est assez similaire. Donc ça m'a permis d'apprendre comment une structure bien plus grande où on aurait plusieurs milliers de personnes qui sont sous les ordres d'un état-major, comment on gère ça et quelles sont les décisions qu'on doit prendre. Par exemple, fait de des planifications provisionnelles, le fait de ne pas seulement planifier une chose, mais de déjà savoir si quelque chose se passe différemment que ce qu'on pensait. et bien on va faire ci et ci ça, on l'a déjà planifié. c'est du temps qu'on prend pour planifier l'entrevue.

Speaker 2: Est-ce que tu considères que ton enrégement de mis a apporté à la société ?

Speaker 1: C'est plus difficile de comprendre de manière concrète ce que le service militaire rend à la société quand on le fait, étant donné que le but de l'armée est d'être prête mais sans être déployé de manière constante. C'est vraiment une réserve qui est là pour sécuriser la base même de l'existence du pays, qui est la sécurité dans laquelle on peut vivre. c'est vraiment une... En fait, on n'aimerait pas utiliser l'armée mais on l'a pour que... d'autres sachent qu'on l'a et qu'on est prêt à l'engager et donc ne nous attaquent pas. Au cas de crise, comme par exemple pendant le Covid, ça me permet de réagir très rapidement et d'avoir des capacités pour réagir à une telle crise. Parce que moi, je n'étais pas dans le domaine sanitaire, donc moi c'est vraiment le domaine purement militaire, défense, dans lequel je suis employé et donc on ne l'y voit pas vraiment. Mais je sais que sans armée, la Suisse aurait beaucoup plus de peine voilà, dans la base de sécurité qu'elle a aujourd'hui.

Speaker 2: puis alors quelle est ton implication dans l'initiative Service Citoyen ? Comment tu t'es impliqué dans cette initiative ?

Speaker 1: Qu'est-ce qui t'y a amené ? Alors j'étais jeune étudiant à avoir effectué mon service militaire où j'ai eu aucune femme dans mon unité. Après c'était une unité assez physique, donc c'était souvent pas là que les femmes allaient ou étaient recrutées pour pouvoir aller. Même ma tante Caroline Guessa était le capitaine. Et c'était une des premières capitaines de l'Armée Suisse. en parlant de mon service avec quelqu'un que j'avais rencontré pendant le service mais qui était dans ma classe, Théo Mélen, donc il était à l'université avec moi, je l'ai rencontré le premier jour de l'université, je l'avais déjà rencontré à l'armée, on est devenu amis assez rapidement. Avec lui, s'est dit, en fait, le service de milice aujourd'hui, il a besoin de réforme, on a besoin d'intégrer les femmes dans une société qui est... aussi patriarchales comme elle l'a été, où les hommes sont de plus en plus impliqués avec leurs enfants, où les femmes travaillent. Et surtout dans une société où il y a quand même beaucoup de besoins en termes de soutien à la population civile en dehors d'un cas militaire. Il y a quand même beaucoup, beaucoup de besoins, que ce soit aux écoles, que ce soit au soutien des personnes âgées, que ce soit au niveau de l'environnement, etc. qui ne pas couverts aujourd'hui. parce qu'il coûte simplement trop cher. Donc on a commencé à s'engager comme ça, on a pensé à l'idée, on a essayé de récolter des feedbacks pour comprendre quelle était l'utilité, la modification de ce service qui engloberait aussi les femmes. Et c'est à ce moment-là qu'une amie de classe nous a dit « Ah mais, est-ce que vous n'avez pas pensé à vous mettre en lien avec les jeunes PLR de Genève ? » Car ils sont en train de penser exactement la même chose que vous. » on les a contactés et on s'est joint, on a joint nos forces pour créer l'initiative Serves citoyens. Au début, il s'agit de créer un manifeste. C'était là surtout que j'étais assez impliqué. À un moment, j'ai été au Canada, donc je me suis un peu moins impliqué. Maintenant que la votation est imminente, je me dis, c'est le moment de retourner et puis de finir en Force. J'étais là depuis le début. Mon cousin Vincent Guessa, à lui, beaucoup agit. elle m'a quelque part remplacé dans le comité pour le moment de la récolte de signatures et de la levée de fonds pour la récolte de signatures. Je suis très reconnaissant à Vincent qui a réussi à porter ce fonds. Lui maintenant est à l'étranger donc je le remplace à mon tour.

Speaker 2: Alors est-ce que tu peux nous résumer cette initiative populaire fédérale en trois phrases ?

Speaker 1: l'initiative pour un service citoyen veut Une obligation de service de milice pour les hommes et les femmes, tout en permettant un choix des services entre l'armée, le service pour la protection civile et les autres services, surtout ce qu'on considère aujourd'hui comme les services civils. Donc ils sont mis sur pied d'égalité. tout en gardant une clause de sauvegarde pour le service de protection, donc l'armée et la civile, pour permettre des effectifs nécessaires à une sécurité de base de la Suisse.

Speaker 3: Mathieu, est-ce que tu as des enfants ?

Speaker 1: Oui, j'ai une petite fille qui s'appelle Juliane.

Speaker 3: Du coup, tu lui souhaites quoi comme service de milice à Julian ?

Speaker 1: Pour Juliana, j'aimerais qu'elle soit mise au pied d'égalité avec les hommes au moment où elle aura l'âge de servir. Aujourd'hui, les femmes sont considérées comme moindres que les hommes, n'ont pas besoin de donner leur temps à la société en tant que service. Quelque part, aujourd'hui, on considère que le fait d'avoir des enfants, c'est un service peut-être. Si le système est mis en place, que les femmes prennent à congé et les hommes beaucoup moins, je pense que c'est de manière européenne quelque chose qui est en train de se changer et puis on verra un congé parental qui se mettra en place à l'âge où ma fille ira les enfants potentiellement. j'aimerais qu'elle puisse avoir le choix. de faire un service mais qu'elle ne pas la seule, qu'elle soit pas une minorité dans la science, qu'elle choisir, de faire un choix en plus de ce que ses copines le font et donc qu'elle ait un choix entre les différents services, qu'elle puisse faire ce qu'elle a envie de faire et ce que leur question va lui apporter plus à elle et potentiellement plus à la société mais qu'elle soit astreinte comme... comme les hommes, comme moi je l'ai été, que mon père l'a été, que mon grand-père l'a été. Parce qu'aujourd'hui, on est dans une société qui ne fait plus la distinction entre les femmes et les hommes quant à leurs droits dans la société. Donc quelque part, c'est totalement normal que les obligations soient les mêmes aussi. Donc voilà, je lui souhaite de pouvoir être instreinte à faire un service de milice, mais d'avoir le choix entre le type de service qu'elle aimerait faire.

Speaker 3: pour conclure est-ce que tu pourrais nous raconter quelques anecdotes marquantes de l'époque de ton service ?

Speaker 1: Alors moi, je pense que les anecdotes les plus marquantes étaient lorsque j'ai reçu une unité en tant que jeune lieutenant. J'avais 21 ans et j'ai dû prendre une unité qui avait été très bien formée par mon présesseur, qui était un lieutenant exceptionnel. Donc j'ai dû rentrer dans cette unité qui était déjà très marquée par son précédent chef. Et donc j'ai... année par année, eu la chance de côtoyer de nouveau et de nouveau les mêmes hommes jusqu'à un jour où la fin du service était particulièrement compliquée, on a dû faire des contrôles matériels pendant longtemps, finalement on était tous restés le soir, c'était en Suisse centrale, et donc certaines personnes, s'ils ne prenaient pas le train à ce moment-là, allaient louper leur train et ne pouvaient pas rentrer à la maison le même soir. Et ce qui s'est passé, c'est que Certains hommes de la compagnie ont simplement commencé à partir, à rentrer sans attendre que le commandant compagnie lui leur dise au revoir. Par contre, mes hommes, après avoir servi trois ans avec moi, ont dit non. Premier lieutenant, on aimerait que vous leur donniez le salut et qu'on partira au moment où... nous donner l'au revoir. c'est à ce moment-là où je me suis dit, j'ai réussi. J'ai réussi et c'était un moment fort. On a beaucoup de qui sont assez marquantes, surtout parce qu'elles sont dures. Je par exemple au moment où on a dû traverser le tunnel en dessous du centre de distribution de la poste de Dayan, un tunnel d'un kilomètre trop long, où on a de l'eau jusqu'aux genoux et on ne pas se mettre debout. On était là avec nos fusils, avons tout de artillaire passé à travers. tous les 100 mètres, a une espèce de petite bouche où on peut se mettre droit mais si on attend trop, le prochain groupe traverse et on reste coincé un peu là. Donc c'était assez glostrophobe et assez douloureux de traverser. Mais c'est des moments assez formateurs où on remarque qu'on arrive à s'outrepasser physiquement et c'est quelque chose que finalement dans la vie de tous les jours, on n'a pas associé en bien athlète. C'est quasi professionnel. Et donc ça c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué. La capacité de s'outrepasser physiquement, psychologiquement, le fait de pouvoir fonctionner avec peu de sommeil et beaucoup de pression. Et ça c'est quelque chose qui me sert maintenant pas beaucoup.

Speaker 3: Merci, et j'ai une dernière question bonus. Pour toi Mathieu, ça fait longtemps que fais partie de cette initiative Service Hecto, et qu'est-ce qui t'a donné la motivation de t'engager dans cette aventure citoyenne ?

Speaker 1: La Suisse est un pays très particulier et je pense grâce à son système de milices où les citoyens sont impliqués dans toutes les facettes de la vie, publiques et sécuritaires, c'est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur parce que je vois, aujourd'hui dans ces temps qui sont quand même assez incertains, où la démocratie est en perte de vitesse. Je vois à quel point c'est important d'avoir une milice populaire qui, dans tous les types de milices, que soit au niveau organisationnel d'une commune, que ce soit au niveau des propriers, que ce soit au niveau du sauvetage, de l'aide à la personne, au niveau des écoles, au niveau de l'armée, au niveau de la protection. C'est très important que les gens s'engagent, car c'est comme ça qu'ils se sentent vraiment citoyens, qui font partie d'une nation où justement le système est capable d'avoir un lien très fort avec les gens qui vivent dans le pays. Et donc c'est pour ça que je m'engage là-dessus parce que je voyais que le système de milice a une perte de vitesse aujourd'hui. a une concurrence aussi internationale qui est très importante en termes de travail. Les demandes qu'on a en tant qu'employé sont de plus en plus fortes. a des pressions à ce niveau-là. Mais on a aussi des pressions sécuritaires qui viennent de plus en plus d'importantes. D'autant plus, pense qu'aujourd'hui, c'est le moment le plus important pour renforcer le système de milice Que ce soit en termes de qualité, mais aussi en termes de nombre, c'est important que les gens s'engagent.

Neuer Kommentar

Dein Name oder Pseudonym (wird öffentlich angezeigt)
Mindestens 10 Zeichen
Durch das Abschicken des Formulars stimmst du zu, dass der Wert unter "Name oder Pseudonym" gespeichert wird und öffentlich angezeigt werden kann. Wir speichern keine IP-Adressen oder andere personenbezogene Daten. Die Nutzung deines echten Namens ist freiwillig.